Grand Pressigny Bondy

Du village à Loches, Chatellerault, Tours, Paris, New York

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mercredi 7 mai 2008

Entrée du Grand Pressigny, par Toru Sawada

Etsuko Sawada est Calligraphe au village. Elle anime un atelier, fait des cartes postales sur commande qu'elle ne vend pas cher et fera bientôt une exposition de son travail dans les nouveau locaux de l'atelier. Elle est arrivée en France il y a quatorze ans avec une valise pour y suivre des cours de Calligraphie latine. "Dans les manuscrits occidentaux, il y a plus de choses. L'écriture japonaise et trop épurée et je préfère l'écriture à la plume".


J'ai tâché de m'asseoir à sa façon
Au même endroit

Dès son arrivée en France elle s'inscrit dans le prestigieux Centre National de calligraphie à Saint-Cyr, où elle étudiera pendant cinq ans avant de s'installer au Grand Pressigny pour transmettre son savoir faire. L'autre jour, à l'école primaire où elle animait un atelier, je lui ai demandé des nouvelles d'un dessin que j'avais vu son père réaliser au Pré du Moulin. Etsuko m'a alors apporté un dessin. Ce n'est pas celui de Pré du Moulin, mais un autre parmi les nombreux réalisé par Toru. Celui que je présente ici a été dessiné à l'entrée du Grand Pressigny, en venant de la Guerche ou Barrou.


Immatriculé en Indre-et-Loire
Touraine du Sud

lundi 28 avril 2008

Les pommes, la prostitution et la médecine

On utilise souvent le mot moyen âge pour désigner tout ce qui retarde sur son époque, tout ce qui est archaïque. C’est bien contre cette idée toute faite que les organisateurs des Médiévales de la Roche Posay on voulu s’élever en présentant au public une idée plus élaborée de cet Age qu’on dit moyen, entre la Haute Antiquité et la Modernité, deux fleurons de la fierté humaine. Le Moyen Age de Chauvan le tisserand et de Mélusine la couturière est pétri de savoir et de savoir faire, montre ses machines de guerre et sa médecine d’amour.


Il faut donc préparer
Le plan de bataille

Avant de me rendre à la Roche Posay, j’avais ouvert un livre du philosophe Schopenhauer et j’avais lu une page au hasard. L’austère philosophe allemand disait que l’amour est une illusion dont se sert l’espèce pour tromper celui qui aime en lui faisant croire que c’est son bien qu’il recherche alors qu’en réalité, il travaille pour l’espèce. Et une fois le désir de celui qui aime satisfait, l’espèce n’a plus besoin de lui, car l’acte de reproduction accompli, c’est tout ce qu’elle voulait, et elle laisse tomber celui qui aime. Plus d’illusion, la déception. L’amour n’a conduit qu’à la reproduction de l’espèce, ne sert que cet intérêt, le rêve s’estompe. Fin du roman, début la galère du couple.

Un certain Alfred Naquet, anarchiste soi-disant, chimiste et homme politique assurément, auteur de nombreux ouvrages érudits sur les drogues, les médicaments, la médecine légale, pourra donc accuser le mariage d’être la cause du pire des maux, la prostitution, et de produire une sexualité basée sur la dissimulation et le commerce. Alfred Naquet voudra être l’acteur et l’initiateur de l’union libre. On le baptisera, sûrement à tort, le père du divorce. Il semble prolonger les vues de Schopenhauer: l’espèce ayant obtenu ce qu’elle veut, soumettre l’individu à son besoin de reproduction, rend la liberté aux amants en leur ôtant les illusions que l’amour avait suscitées. Naquet préconise d’aller plus loin. Puisque l’individu est désormais libre, autant qu’il en profite.

Voici donc les trois pommes de la médecine. N’est pas médecin qui veut. Le médecin en sait long sur la famille, le corps, les manières de vivre. Il n’est pas comme les autres. Devant le savoir, il s’est fait petit comme trois pommes. Devant la méthode, il a plié son corps à la patience qui libère l’esprit et ouvre les livres du savoir. Devant la tradition, il s’est ouvert à la prudence méticuleuse des âges. Oui, les chinois le savait déjà. Ca aussi, les arabes en avait parlé. Et ça, il ne faudrait pas croire que le Moyen Age l’ignorait. Et puis ce furent les cliniciens, leurs encyclopédies. Et maintenant les généticiens, leur banques de données. La médecine semble travailler pour l’espèce.


Nicolas Fremeaux
Un cours de médecine analogique

Et bien, messieurs mesdames, le problème c’est quand même l’Amour. An apple a day keeps a doctor away, comme dit le proverbe anglais: une pomme chaque jour éloigne les docteurs. Car la pomme, il y en a trois. La première, la pomme qu’il ne serait pas raisonnable de croquer, qui contient les organes génitaux, le sexe, les complications et les conseils que la raison impose. La seconde pomme est plus intuitive, étoile, elle embrasse la totalité du cosmos, alchimiste, elle prend le risque de savoir les choses cachées depuis la fondation du monde. Et il y a Léonard de Vinci, l’homme de science aujourd'hui, ses universités et ses couteux dispositifs. Il associe notre carré rassurant et sécurisé, mesuré, à une courbe farouche et hostile à toute forme de mesure. A chacune de ces pommes correspond une façon particulière de la couper en deux.

dimanche 20 avril 2008

Chine Afrique Touraine Grand Pressigny... Bondy!

Du Mali, c’est de là qu’elles venaient, elles étaient musulmanes, elles visitaient les fermes de la région, une semaine en Touraine grâce à l’AFDI, de Betz-le-Château au sud du département à Neuvy-le-Roi au Nord, chez des gens qui avaient des fermes, qui allaient eux-mêmes au Mali, de temps à autre. Trois femmes qui ne mangeaient pas de cochon, car elles pratiquaient l’Islam.


Ecole du Blog de Mohamed Hamidi
Octobre 2007 à Bondy

Elles étaient très impliquées dans la vie de leur pays. Lutter contre l’érosion, présider une association de culture de pois sucrés, s’intéresser au sort des femmes, présider un cercle politique, trouver de nouveaux moyens de conservation, trouver un petit appareil enregistreur pas cher à Tours, pour un ami qui fait de la radio à Sikasso, etc…

Nous les reverrons peut-être un jour Lisa et moi, au Mali. Elles m’ont donné leur adresse mail, ce serait facile de leur écrire. J’avais été les rencontrer à la ferme de Jean Claude, un éleveur de cochon, de la Maison Galland, aux Bournaichères. Il m’avait appelé pour que je parle d’elles dans la Nouvelle République. Fanta, Aminata, Mariam devaient rester deux où trois jours chez lui, où elles s’intéressaient davantage aux légumes qu’aux cochons (et en fait de fromage, elle ignoraient tout à part la Vache qui Rit).

Je repense à elles. En allant chercher mon pain à la boulangerie de monsieur Marteau, j’ai vu l’annonce du week-end portes ouvertes De fermes en fermes, en Indre, une opération qui d’après la carte semble couvrir un réseau de 51 fermes. Les gens pourront venir librement visiter et découvrir les produits fermiers le 26 et 27 avril 2008, dans tout le département du 36.

Ce jour-là, à la radio, dans les journaux, à la télé, on parlait de révoltes alimentaires un peu partout dans le monde, notamment au Sénégal et au Burkina-Faso, pas loin d’Aminata, finalement. A l’expression «révoltes alimentaires», tandis que je mettais ma baguette sous le bras en souriant à l’employée de monsieur Marteau, se superposait l’expression «tourisme alimentaire». Et je me souvenais de ce que Lisa avait constaté à propos de la Maison du Parc, dans la Brenne, qui est en principe dédiée aux produit locaux. Elle y avait trouvé des articles fabriqués en Chine.

Serge Michel, celui grâce auquel je m’exprime au Bondy Blog, a écrit un livre qui sortira en mai, sur la présence chinoise en Afrique, Chinafrique.  Il viendra à Paris présenter son ouvrage. Comme les précédents, sur le pétrole et sur l’Irak, je le lirai avec attention.


Du local au global
En un seul endroit le monde entier

Hier, Magali exposait sa production de poterie à l’occasion de la fête de la Saint George, à Preuilly. Il y avait son mec, Christophe, on a été mangé des crêpes avec lui au Twenty, chez Chantal. Après, Christophe est allé me faire visiter l’atelier de Magali au Grand Pressigny et on a pris du café au marc dans de jolies tasses en céramique bleutée. Il m’a parlé des années qu’il a passé au Congo, à l’âge de 18 ans, pour suivre son beau-père qui travaillait dans le pétrole.

Tourainafrique.

Pour écrire son livre sur le pétrole, Serge a du voyager au Texas, en Azerbaïdjan, en Turquie, à Mourmansk, en Sibérie, dans la péninsule arabe et en Afrique où il vit aujourd’hui à Dakar. Mais je n’ai pas encore atteint cette partie de son livre. D’ailleurs, son livre ne finit pas en Afrique, mais en Irak, en passant par le Kazakhstan. Je le lis page par page, jour après jour, Un monde de brut, comme j’attends le retour d’Aminata les jours de pluie, en Touraine, le beau jardin.

samedi 12 avril 2008

Les vacances de monsieur Haydn


La Roche Posay, les Vacances de monsieur Haydn, 12, 13, 14 Septembre 2008, Festival de musique de chambre.


Brassens, éternel estivant et festivalier, voulait être enterré sur la plage de Sète pour passer sa mort en vacances. C’était un voyou. Au collège de la Roche Posay, en plein milieu rural, la modernité c’est la tecktonik et pourtant, dans les années d’après la première guerre mondiale, les chansons de Brassens, trop audacieuses, étaient interdites à la radio. Consacré par l’Académie, le chanteur sétois est enfin tranquille, dans sa chambre funéraire, à l’ombre d’un pin parasol.


Un inconnu célèbre

C’est certain : Mozart, Schubert, Berg, il faut du temps pour écouter ça. Il faut l’éducation, la place à la maison, les instruments, les bonnes machines, et si le père est installé dans un fauteuil de cuir face à la cheminée, absorbé par les affaires de l’état, c’est mieux que si la télé envahit l’espace auditif avec les débris anxiogènes de sa culture au rabais. Ecouter, c’est une manière de vivre.


Le rouge et le noir
Un célèbre inconnu

Démocratiser la culture, c’est faire muter la société. Et pour ne pas qu’elle change, les canons donneront le ton avant les quatuors. Les gens qui ont les moyens viendront des villes au Festival de la Roche Posay, s’offrir un week-end « classique » avec l’hébergement et le cadre de la campagne. Peut-être aussi des soins pour la peau à la pharmacie des Sources. Au passage.
Les paysans du coin, les parents des collégiens, les Rmistes en perdition amateurs de rock au Du Guesclin, le bar de la place tenu par Karim et son frère Chakil, ceux qui n’ont pas la manière de vivre appropriée se promèneront autour du plateau feutré de France Culture, avec sa voix protégée des heurts et des cris de la vie difficile. Havre de Paix.


Il faut donc préparer
Le plan de bataille

J’étais allé voir Marie José, administratrice du festival. Une stagiaire de l’école Euro Média était là, Estelle. Le jour même, j’avais ouvert un livre de Pascal, ce n’est pas toujours que les pensées de Pascal traînent un peu partout dans une maison et qu’on peut les ouvrir par désœuvrement,  comme on ouvre une boîte. J’en ai sorti la pensée 139, elle disait : la guerre, c’est parce que les gens ne savent pas rester tranquille dans leur chambre, car la solitude ça les met face à la mort. Alors, programme du festival: planter de l’herbe dans les trous de nez de la Mort, lui mettre des lunettes fluos, partir en vacances et pas à la guerre, rester tranquille, assis, écouter de la musique de chambre.

lundi 7 avril 2008

Montrésor, la nuit avant le jour

Le monde allait droit au mur. Déjà, les généraux de l’Otan parlaient d’utiliser des micro-bombes nucléaires contre le terrorisme et la France envoyait des troupes en Afghanistan pour s’engager dans la guerre du pétrole. Les radios, les télés, manipulés par les États-Majors, avaient choisi de se taire sur le sujet et de continuer à diffuser l’angoisse par petite dose, pour maintenir un audimat élevé en cultivant, à leur corps et à leur cœur défendant, la haine et la peur de l’autre. Ce samedi, il se passa pourtant quelque chose d’extraordinaire, je suis allé à Montrésor.


Entre chiens et loups
A la Bouquetière

Christine et Hadi, du théâtre Maât en Belgique, nous ont invité à voir la présentation de leur nouveau spectacle. C’est l’histoire du cordonnier Ivan. L’acteur qui joue s’appelle Olivier, il est tout seul au milieu de toutes ces chaussures qui partirons la plupart à la poubelle, les veuves et les orphelines, délaissées par des propriétaires oublieux. Mais qui sont tous ces gens? Des gens célèbres peut-être, qui peuplent la cordonnerie au milieu de la nuit, des gens importants, des gamins qui deviendront des voyous ou des fascistes, des gens pressés, des dames brunes, des petites vieilles du quartier.


Hadi Elgammal
Auteur de La nuit avant le jour

La radio se glisse entre les monologues du cordonnier, avec les mauvaises nouvelles. Les attentats en Irak, les oiseaux migrateurs infectés. Il faut lui donner des coups de savate pour qu’elle se taise et revienne sur le programme préféré d’Ivan, une émission sur le fameux Billy Waits, créé et chanté par Hadi à partir des chansons de Tom Waits. Et soudain, une fille apparaît, peut-être une hallucination, une fée, Cendrillon, cachée dans les chaussures, fuyant un père tyrannique et ne sachant où dormir. C’est Julia (l’actrice Chloé).


Chloé se souvient d'un conte
que lui lisait le cordonnier

Les histoires d'amour ne sont plus ce qu’elles étaient. Julia veut l’aimer, avoir des enfants, mais lui, Ivan, il écoute les mauvaises nouvelles de la radio entre deux chansons de Billy, il préfère ne pas envisager l’avenir. Dans le public de la salle du lieu-dit de La bouquetière, au large de Montrésor, tout le monde écoute avec la même attention. La pièce de Hadi a ceci de particulier : son âge n’a pas de limite, la jolie Julia a le pouvoir de transformer l’actualité, de donner un visage humain à la méduse radiophonique et vaincre le pessimisme d’Ivan.


Autant en emporte la scène
préparation de l'attaque

Christine Smeysters est Echevine de la ville de Schaerbeek, à Bruxelles. Elle partage son emploi du temps entre la vie politique, consacrée au développement durable, et le théâtre. Hadi Elgammal est auteur dramatique, musicien, metteur en scène et même égyptien. Demain ils retourneront en Belgique, avec les acteurs, le régisseur, le décor, le son et la lumière, le tout dans une camionnette verte, lui pour préparer une tournée internationale et elle aux affaires de la ville. Après le spectacle, chacun regagne le monde qui va droit au mur. Aujourd’hui, tout va bien, une jeune fille a trait une chèvre et la température était inférieure aux normales saisonnières, signe de refroidissement climatique.

mercredi 2 avril 2008

Origine de l’art, du Grand Pressigny et des subventions

Au Grand Pressigny, tout vient de Djouah, pour les connaisseurs. L’homme qui fait danser, invente le dessin et l’écriture, donne le courage de se jeter sur les fauves, l’homme préhistorique tel qu’on pourra le voir, ses outils, ses vêtements, son habitat, son commerce européen du silex bientôt, quand le nouveau musée du château sera prêt, en 2009. Déjà, le gros œuvre est terminé, on démonte la grue.


Château du Grand Pressigny
un matin de printemps

A l’époque préhistorique, chaque fois qu’il y avait un problème dans la horde, le clan, la tribu, les mots n’existant pas, le silex volait et faisait des victimes. Dans le meilleur des cas on trouvait un responsable unique du malaise collectif, on le zigouillait. Ou on la zigouillait. On coinçait le responsable contre une roche et il croulait bientôt sous le silex, déchiqueté. Et un jour, ce fut au tour de Djouah d’être condamné par la horde et d’être pourchassé. Il se retrouva adossé à la parois d'une caverne (je sais laquelle mais je ne le dirai pas).



Salle du Verger
Cécile Chicault

Au lieu de lancer des regards terrorisés ou de défier ses poursuivants, Djouah garda son calme et les considéra, tous autant qu’ils étaient, comme des génies. Ramassant un charbon à ses pieds, il traça sur le mur les contours de l’ennemi du clan, le fauve aux longs crocs, puis trempa son doigts dans de l’eau oxydée pour ajouter, sous le regard médusé de ses persécuteurs, de la couleur à son ouvrage. Puis, prenant le commandement du groupe au cri de Djouah, Djouah, il mena les chasseurs à la plus belle victoire contre le fauve. Ainsi naquit le premier mot de l’humanité, et la première pièce de théâtre, au Grand Pressigny.


Faut-il être étonné
de voir ce qu'on ne peut lire

Salle du Verger, à l’entrée de Châtellerault, samedi dernier, c’était la Fête du livre organisée par Lire et Lire et Colégram. Tout le gratin était là, président de la Communauté d’agglomération, de la Communauté de commune, l’inspecteur d'Académie de Châtellerault, celui de Poitiers. Les parents, les enseignants, les enfants et bien sûr, les prophètes, auteurs et illustrateurs pour la jeunesse. Ils avaient une demi-heure pour signer des œuvres que les gens serraient contre leur cœur comme un morceau entier du mur où Djouah et ses descendants perpétuaient l’histoire du premier sorcier.


Serrer un livre contre soi
pour se protéger

Séparé par un rideau du brouhaha de la séance de dédicace, une actrice de la compagnie Le bruit du frigo racontait l’histoire de la naissance du Niger, le grand fleuve qui baigne tant de pays, traverse Ségou, Gao et Tombouctou, donne son eau aux hommes et aux bêtes jusqu’aux frontières du désert : un paysan se fait piquer par un moustique, il meurt, sa femme pleure, se sont les premières eaux du fleuve. A la fin du spectacle, Lisa me résume l’histoire avant de se perdre dans la foule pour prendre des photos.


Pour voir ce qui se passe avant
En regardant devant

J’échange quelques mots avec Sylvie Peltier, administratrice de la compagnie de théâtre. Elle bénéficie du soutien de Ségolène Royal, la région Poitou-Charentes et sera prochainement à Néon-sur-Creuse où je lui donne rendez-vous pour le Fête de la marionnette. Ce festival a subi de sévères coupes budgétaires cette année. C’est la même histoire mais pas la même région. Les artistes d’aujourd’hui sont des intermittents. C’est comme ça qu’on les courtise ou qu'on les chasse.

jeudi 27 mars 2008

Les mineurs, la minoterie, les minorités

Gaëlle, la prof de français du collège du Grand Pressigny, a commencé son métier à Bondy, ce morceau de banlieue rouge. Après des semaines de discussion sur ce blog on a décidé de se voir au Préhisto-Bar, sur la place en face de l’église. Elle m’a parlé de certains de ses élèves de l’an passé, de ceux dont les parents disent: on a pas besoin de faire du français pour conduire un tracteur. Mais les conducteurs de tracteurs, ils n’ont pas besoin de permis non plus. C’est des mineurs. Des travailleurs de fond. Si ceux de la ville veulent qu’ils aillent en prison, comme José, ils iront.



Jean Michel de la Minoterie
Lésigny-sur-Creuse

Pour mon blog ils ont besoin de savoir lire, les paysans, s’il veulent voir quelque chose entre deux images. Même pour lire la Nouvelle République ils avaient déjà besoin de savoir. Gaëlle me dit qu’à Bondy elle faisait surtout flic et qu’ici, au village, elle fait enfin prof. Les petits blancs sont plus sages. On a besoin de poésie pour les sages, et aussi d'histoires fantastiques (Maupassant). Et de joueurs de musique, de diseurs d’histoire, de compteurs de mathématique et de quelques oiseaux rares, avec leur musette et leur contrebassine.



Le Préhisto-Bar
Pour passer le temps

A la Roche-Posay, ce mercredi matin, le Du Guesclin, le bar de Karim était ouvert. Je m’y suis installé pour boire un café et écrire l’article que j’ai fait sur Gaëlle au Bondy Blog. Il y avait Chakil, le frère de Karim que j'ai demandé à rencontrer pour parler de la vie d’un patron de bistro arabe chez les blancs. Un arabe qui réussit dans le Poitou profond. Même si Du Guesclin a passé la moitié de sa vie à se battre contre les anglais, au Grand Pressigny, les anglais sont quand même là. A la Roche-Posay au moins il y a Karim et sa sœur qui tient l’autre bar, sur la place, en face, La galette bretonne!



Le frère de Karim
Du Guesclin

Les instituteurs, les minorités, les tracteurs, les livres, pas besoin. Et les artistes comme Jean Michel et Véronique? Ils ont fait un lieu à Lésigny-sur-Creuse. Ca s’appelle la Minoterie. Avant une minoterie c’était un moulin pour faire de la farine, mais maintenant, grâce à eux, c’est une usine à fabriquer des pièces de théâtre pour enfants, des jeux et des histoires bizarres. Ils font venir des gamins de la ville pour leur faire découvrir comment c’est un animal, comment c’est la vie, avant l’industrie et même avant les tracteurs.



Les formes
les végétaux, les noms

Et la police, et la gendarmerie (celle du Grand Pressigny), un gendarme qui ne sait ni lire ni écrire, qui ne sait pas tenir un livre à l’endroit et qui arrête les gens pour mesurer de quel vin ils ont arrosé leur soirée littéraire, ça sert à quoi? A rien, ça ne sert à rien. Tous les gens qui sont inutiles dans la vie, les gendarmes, les instituteurs, les paysans, les artistes, les mineurs, les arabes, les vieux, on ne leur souhaite qu’une chose, savoir lire. Parce que les autres, les utiles, les majeurs, ils savent. 

mardi 25 mars 2008

Jour de Pâques

Le jour de Pâques, on est allé à Charnizay avec Lisa et la petite. Voir Eric et Laurence, les bios. Je les appelle des bios car ils vivent dans des voies parallèles. Eric me dit que Guy Durant est son père spirituel, il me dit que je le connais, apparemment, je l’aurais déjà rencontré, c’est un des initiateurs des AMAP.


La photographie des petits
école du Grand Pressigny


Une AMAP est un système qui permet à des gens de se grouper pour financer la récolte d’un producteur Bio, comme par exemple Jean Claude, de la Gibauderie à Obterre. Si la récolte est bonne, les paniers de légumes distribués par les producteurs sont bien fournis.

A midi, nous sommes allés à la crêperie qui vient juste de s’ouvrir dans la Grand Rue, à Preuilly-sur-Claise. C’est Chantal qui sert et son fils qui fait les crêpes. La musique c’était Lhasa de Sela, Cesaria Evora, et surtout ça venait d’un ordinateur. C’est la première tentative de cybercafé que je vois dans les parages ruraux du Grand Pressigny.


Crêperie côté Grand Rue
Preuilly-sur-Claise

Chantal est traductrice juridique pour aider des anglais qui achètent en France, pour les transactions avec le notaire et tout le reste. Je lui ai demandé si elle connaissait des anglais et elle m’a donné la carte de gens qui font de la restauration à Betz-le-Château. Ils ont un site internet.


Crêperie côté
Cyber

En mangeant des crêpes, j’ai parlé avec Lisa de ce que j’écris sur ce blog. Elle m’a fait part d’une certaine confusion qu’elle constate en lisant mes articles, et d’une petite difficulté technique dans la composition, petite mais décisive. Il pleuvait, Lhasa chantait la lhorona. L’AMAP, la crêperie de Chantal, les anglais de Betz-le-Château, c’est un peu comme ça vient.


Angles sur l'Anglin
Place du café et de la librairie


C’est sans doute ça, la paix, des enchaînements sans histoires ni dénouement. Le jour de Pâques, c’est pour fêter le retour du condamné à mort. Il revient parce que après sa mort, après son lynchage, il y a la paix. Et tout le monde pense que c’est à cause de lui. Tout le monde pense : la paix, c’est lui. Je crois en lui.


samedi 22 mars 2008

Coulisses, de Lauriane Renaud, au cinéma Rabelais de Descartes

C’est Dominique Chicha, le correspondant de la Nouvelle République de Dangé-Saint-Romain, qui doit aller voir la pièce et en parler. Ce n’est pas parce que je n’ai pas vu la pièce que je ne vais pas mettre de photos et que mon blog ne va pas parler de cet événement culturel en pressignois. Et comme c’est les coulisses que j’ai vu, c’est en plein dans l’actualité. La Nouvelle République, que les milieux branchés de Chaumussay appellent la Nouvelle Répugnante, va se l’arracher, mon article. Les vieux qui n’ont pas l’accès haut débit vont pouvoir le lire et monter sur la table en dansant la bourrée, d’excitation.



La gare de Bondy
En 1850

Je n’ai plus d’appareil photo. Les photos qu'on voit ci-dessus et dessous c'est pour montrer à François Nicolas (Le maire du Grand Pressigny, il ne sera bientôt plus besoin de le dire, même pour nos lecteurs de Tours et de Bondy) qu’on voit sur mon blog un bout de son pays, et que c’est pas seulement pour vendre des baraques à des anglais ou des fonctionnaires. Genre: louez au Grand Pressigny, achetez au Grand Pressigny, visitez le château du Grand Pressigny. Philippe Samzun le directeur des correspondants de presse de la Nouvelle République est venu chercher mercredi l’appareil photo que m’avait prêté ce journal. Plus d’appareil. Il faut donc que je travaille avec mon stock, ou l’appareil de Lisa. Elle doit jouer dans la pièce de Lauriane Renaud, de l’accordéon diachronique, ce soir-là.



Au Grand Pressigny
Tirer les esprits vers le haut
grâce au théâtre


Le soir
même, avant de partir au théâtre, on ne s’entend pas avec Lisa,  j’ignore pourquoi, tout se met à partir en vrille. La garde de la petite, mes histoires avec la femme du maire de Lattes, la concentration difficile de Lisa dans ce contexte, mon envie de rester à la maison finalement, de pas y aller, ou d’y aller, pour ce qui se passe dans la tête à Lisa je ne sais pas, faut lui demander, en ce moment elle n’accorde pas d’interview, tout ce mélange, je commence à boire du whisky, une ambiance à la Scott Fitzgerald est en train de s’installer. Lisa ne va plus jouer la pièce, je suis à genou. Elle veut que j’aille voir Lauriane et que je lui explique, elle n'ira pas.



Le problème avec la photo
C'est un truc trop parisien

Sur le trajet qui mène à Descartes, j’ai l’esprit vide. Pour lui dire ce que Lisa veut que je lui dise, à Lauriane, mais je ne sais pas quoi, elle me l’a dit, j’ai du le perdre en route. Je me dis aujourd’hui que ça ferait un beau reportage, cette esprit vide. Le problème quand on fait des reportages sur ce genre d’état d’esprit, c’est qu’il faut du temps pour en dégager les lignes de force. Les liens. Heureusement internet a le temps, les liens on peut toujours les faire plus tard, c'est pas comme les articles de journal, qui jaunissent dans le placard. Tout le bazar compris dans ce genre de situations nouées, y compris que je vais voir des gens que je ne connais pas, sauf Lauriane, pour leur dire que Lisa ne viendra pas jouer, et pour leur dire ce que Lisa veut que je leur dise, sans savoir ce que c’est. Trop d’émotions.



Steak de Silex
tranché suite à une querelle inter-tribale
(demander précisions à Joël)

Les acteurs sont là, Cinéma Rabelais.  «Ah vous voilà», dit l'ami de Lauriane.  Je ne dis pas bonjour.  Bonjour c’est trop ça me ferait oublier de dire pourquoi je suis là, pour dire:  «Lisa ne viendra pas» et une autre phrase qui m’est venue en entrant dans le cinéma: «je ne suis pas suffisant pour la situation». Lauriane s’approche,  me demande pourquoi, c’est normal, et je lui dis:  «je ne sais pas», et je m’en vais. Il reste du Whisky a finir. C’est tout ce que je peux dire du spectacle de Lauriane. La première partie s’appelle Quelqu’un et l’autre, et c’est elle qui a écrit, Coulisse. Je demanderai peut-être à mes lecteurs plus tard si quelqu'un, comme ça, a des histoires à raconter sur les gens qui vont au théâtre, des histoires de coulisse.



samedi 15 mars 2008

Le Théâtre et la Messe au Grand Pressigny

Bref, je m’étais mis en situation de devoir payer pour rentrer chez moi. Parce que chez moi, c’est dans le vieux village autour du fameux château du Grand Pressigny, et ce vieux village était fermé à cause des représentations du festival des Nocturnes, qui venaient de commencer. Pour entrer, il fallait acheter un billet. Et pas question. Pas moi. Je ne connaissais personne dans le vieux village. Même pas Alan Poquet, le médecin, qui était venu me demander ma grange pour y faire jouer des acteurs et qui ne savait pas que j’étais moi-même un homme de théâtre et que j’avais écrit plusieurs pièces. Je ne connaissais pas Alan, pas comme je le connais maintenant. J’aurais pu entrer en présentant ma carte de correspondant de presse. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, j’avais cette carte depuis quelques semaines et j’ignorais tout de son pouvoir.


L'Ancien et le Nouveau
Le château en haut

Tout le vieux village était occupé par le théâtre. Sur les places, dans les granges, dans les jardins, dans les salles du château, tout là-haut, dans les rues, les acteurs déclamaient le drame des familles, ils chantaient la comédie humaine qui unit femmes et hommes dans le cri de la terre, germinal.



Auxence avant
qu'il ne devienne Dilgo


Et j’étais dehors. Dans la grange de ma maison pourtant, dans la rue qui montait, on jouait. L’œuvre du grand metteur en scène José Manuel Cano Lopez. On jouait partout dans le vieux village, autour du château, et j’étais dehors. Il faut dire qu’à mon déni de mes prérogatives d’auteur dramatique, qu’à mon inconscience d’accueillir une pièce de théâtre dans ma propre maison (comme si je n’en revenais pas moi-même d’avoir une maison enfin, moi que le théâtre avait tellement nourri et logé dans les premières années de ma vie d’homme), qu’à mon ignorance des pouvoirs de ma carte de correspondant de presse venait s’ajouter le fait que je n’ai jamais vu de différence de nature entre le théâtre et la messe. Car, en attendant le commencement du spectacle j’avais été voir ceux de l’église, les catholiques du canton, sur la place. Ils organisaient, suprême ironie, une exposition sur Sainte Thérèse de Lisieux. Et j’avais été les voir et j’étais resté un peu pour assister aux vêpres. Saviez-vous que Thérèse avait aimé le théâtre, joué Jeanne d’Arc?




Rue du Four Banal
en descendant vers la place

Ah! Etrange désaccord entre la messe des salles obscures et celle de l’Oint du Seigneur, en pleines vêpres les haut-parleurs du festival se sont mis à fanfaronner pour annoncer le début du spectacle. J’étais prisonnier du rituel divin, assistant impuissant à la déconfiture de la prière du prêtre, rendue à sa pire parodie par la variété ostentatoire des attracteurs moderne, et tout leur appareil électrique.




Un théâtre à l'ancienne
Une machine à remonter l'Esprit

On sait la vieille opposition du théâtre et de l’église, et même du curé et du médecin. On sait aussi qu’Alan Poquet, le médecin du Grand Pressigny, est le principal organisateur du festival, avec le maire, pharmacien. Et moi, je vivais tout ça comme si je m’étais trouvé dans un roman de Flaubert, prisonnier de l’église dont le respect du culte avait exigé que je restasse assis, à écouter le prêtre déconcerté (le père Lubineau), à entendre raisonner dans cet espace consacré une mésentente séculaire de la prêtrise et de la science. Alors: des gens ont dit, disent et diront que José Manuel Cano Lopez est une espèce de gourou, oui, d’accord, mais au service de quelle révélation?


Salut Valérie
On très occupées
Mais on t'oublie pas

mercredi 12 mars 2008

La France d'Amélie de Poitiers

On ne clique pas sur l’image pour entrer dans le livre de Gil, on l’achète et on le garde à portée de mains. Les éditions No Pasaran, le nom me dit quelque chose. En espagnol, ils ne passeront pas. Qui? Les fascistes. Ca me rappelle aussi un film de François Imbert, sa fameuse trilogie dont un volet est consacré à des républicains espagnols fuyant le franquisme et accueillis par une France qui déjà virait au brun. Il se peut que l’étranger soit de bon Augure, mais tout le monde ne le pense pas.


Michel Serres
La thanatocratie ou le Gouvernement des morts

Alors j’oublie un peu Modigliani, Flaubert, Modiano, la culture parisienne, pour m’intéresser à celle de la rue Voltaire, une petite rue sous le périphérique sud, côté banlieue, où se trouvent les éditions No Pasaran. Ils ne passeront pas le périphérique, les espagnols, les kurdes, les algériens. Ou il passeront en suivant le trait caustique de Gil, et le dessin qu’il a dessiné chez Jojo. Jojo les connaît tous, les stars, Thierry Guitard, qui dédicace un livre. Jojo, c’est lui la star du Petit Paumé du petit village de Chaumussay.


Tandis que les enfants jouent
Nous, à quoi jouons-nous?

Dominique A

Il y avait Amélie, pas Poulain, celle de la Couronnerie, le quartier populaire de Poitiers, elle surveillait une exposition d’un artiste qui n’était pas là, un photographe qui s’appelle Christophe Brunnquell et qui étalait dans un espace lumineux les posters monstrueux de sa figure déformée. L’exposition s’appelait C’est moi, mais Amélie ne sachant pas grand chose de l’auteur, elle m’a parlé d’elle. Elle vit au RMI, elle fait bénévole ici, dans ce lieu de culture, d’expo, de création, de concert et de rencontre: le Confort Moderne à Poitiers.


Un livre sur les prisons
Pour mettre Jojo et Victor Hugo

Elle surveille l’expo pour avoir des places de concert. Elle fait beaucoup de choses pour avoir des petits avantages. Le RMI pour elle, c’est un devoir, car elle estime coûter moins d’argent que des gens qui sont salariés ou nantis et qui en réalité sont des gâcheurs qui coûtent cher à l’humanité. D’ailleurs, entretenir son petit bateau solitaire à faible énergie lui coûte beaucoup de temps, elle s’active. La France qui se lève tôt, c’est elle. Elle ne s’est pas encore décidée pour me confier une interview à visage découvert sur le Bondy Blog.


Libérez José
Une fois sur deux mangez de l'herbe

En sortant de Poitiers, avec Jojo, on a traversé les immeubles de la Couronnerie. Il me montre fièrement les bâtiments qui étaient entièrement sous sa responsabilité quand il avait son entreprise ici. C’était avant l’aventure du Petit Paumé, un lieu qui a failli faire muter la Touraine du Sud et le petit village de Chaumussay, et dont l’aventure a été interrompue par Charles Pasqua. Les étrangers qui venaient de partout assister aux concerts dérangeaient les vaches: No Pasaran, ont dit les vaches.


Bonjour Vava

lundi 10 mars 2008

Dilgo

 

Présentation :


Bondyfrance

Le Journal du Président de la république, Pierre-Louÿs Dilgo Marvick de Royac



Merci Serge Michel


J'entends parfois dire que pour devenir président de la république, il faut y penser depuis son premier âge. En ce qui me concerne, je n'avais nullement l'intention d'être président. J'étais dans la chambre de l'auberge Bühler, celle que me loue maman quand je vais la voir à Maringa. Je dormais quand la servante a cogné à ma porte pour m'informer que j'avais de la visite. C'était celui dont je serai amené à parler plus tard, Joseph Gaber. Il était avec un autre type dont je ne dirai rien car je n'en sais rien. Il m'a dit: lève-toi Dilgo, on va te mettre sur les rails. Le lendemain, j'étais dans l'avion.

 


 
Le passage de Dilgo

Cyril Meunier

 

dimanche 9 mars 2008

La femme de Cyril Meunier est le père de mes enfants.



Une affaire entièrement sponsorisée par l'ancien Président de la Cour d'appel de Paris, Chazal de Mauriac, aujourd'hui à la retraite, avec le sourire de Rachida Dati, ministre de la Justice. Cédric Goubet, chef de cabinet de Nicolas Sarkosy, a garanti la transmission de l'information à l'Elysée. Une approche non judiciaire des affaires sociales trouvant le soutien naturel du PS, Elisabeth Guigou, ancienne ministre de la justice, a manifesté sa sympathie. Nous attendons un geste de Ségolène Royal.


Cyril Meunier, le maire de Lattes, est l'époux du père de mes enfants. Oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, le père de mes enfants est une femme, juge à Montpellier, elle a du pouvoir dans notre belle société libérée. Mais pas trop. Quand il s'agit de pétrole ou de canons, les hommes sont toujours les maîtres. Mais elle a quand même un peu de pouvoir. Spécialiste des affaires familiales, elle s'occupe des familles. Notre société libérée a placé ses femmes au bon endroit, dans les familles et les écoles. Le maître, le maire de Lattes, c'est Cyril Meunier, l'homme.



Lui Meunier
et elle Parent


J'étais un père, ordinaire, inutile, sans époux dans la politique, chômeur, mais j'étais un père. Valérie Parent-Meunier a signé, avec son pouvoir, et c'est devenu le père, moi je n'étais plus rien. Car Valérie, qui a ajouté le mot Parent au mot Meunier, savait ce qui était mieux, pour mes enfants, c'était elle en vérité, le père. Pas autant père que le père, le Meunier, et tout son grain à moudre, son expérience des populations, mais suffisamment pour être Parent, pour être Valérie Parent-Meunier, femme du maire de Lattes et père de mes enfants, en vérité. Race utile issue du mérite français et de l'élite, race des bâtisseurs, des aménageurs de territoires et des producteurs de monde, race utile en vérité.



A tout allure
Sur l'ouvrage utile à tous
inutiles compris


Moi inutile, a décidé la femme du meunier, je ne verrai plus mes enfants et elle a signé. Car Valérie a de l'amour pour mes enfants considérés du point de vue de l'échantillon caractéristique d'une population assistée contrôlée gestionnée. Elle habite sans doute (je ne sais pas) la commune de Lattes, dont Cyril est le maire, ni de centre, ni de gauche, neutre. Lattes, ville dortoir à motricité automobiliste où les piétons ont quelquefois la chance de marcher sur des trottoirs suffisamment larges. Ici, les routes sont fabriquées avant les maisons et on ne fait pas d'enfant si on a pas la voiture qui va avec. Donc le plan d'épargne ou mieux, le salaire d'elle et lui, Cyril et Valérie, Meunier et Parent, ou mieux, demain peut-être, un poste au ministère, la députation.



Témoignage d'amour
et de gratitude


Je me suis promené dans cette ville qui aime les enfants. J'ai marché au bord de ses routes vrombissantes. J'ai senti l'amour avec le coeur ingénu d'un enfant. Enfant, j'ai senti que j'étais une préoccupation familiale fondamentale de Parent et de Meunier, après le canton, l'assemblée nationale et sûrement, si une mutation à la Réunion ne survient pas impromtu, le tramway qui réunira bientôt, silencieux et fleuri, la commune dortoir au prestigieux quartier de Montpellier, et son port, sa nouvelle mairie, son Odysseum, quel rêve oh! pauvre folle, tu te fondras à lui comme la neige au feu!

Quel beau succès! Dans mes ambitieuses pensées futures, j'ai atteint le parc pour enfant, accessoirement parcours de santé à la sortie du bourg. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les inscriptions dont les toboggans sont couverts ne sont pas des insultes, ce sont des graffes, témoignages de reconnaissance et de gratitude. Quand on leur témoigne un amour sincère, les enfants le savent. Les enfants sentent ces choses là.



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Tous les articles de ce blog sont approuvés par le procureur de la république de Montpellier

samedi 8 mars 2008

Prévert: portrait d'oiseau

samedi 1 mars 2008

Cyril Meunier époux d'une criminelle de la justice familiale

Sa femme n'est pas net

 

Bonjour monsieur Leblase,

Merci de votre soutien et de votre sens de la déviation. Ne parlait-on pas de chemin fer, ces trucs aussi lourds que des radiateurs? Je réponds à votre question, et la mère de mes enfants dans tout ça? et je cède à la coutume de l'accompagner d'une photo, coutume que je tente, peut-être pas en vain, de contagionner sur le
Bondy Blog dont vous savez que je suis le président. Vous m'aviez d'ailleurs fait remarquer à ce sujet, rails à l'appui, ce que vous en pensiez.

La mère de mes enfants, et bien,  je dois dire que nous ne pouvions plus vivre ensemble et c'est bien là la seule chose qui nous mettait d'accord. Bien des années après notre divorce je revenais du Brésil pour m'apercevoir que l'autorité sur ma seconde fille m'avais été otée, et que le juge prétendait que je n'avais pas cru bon de me rendre à sa convocation. Qui plus est, j'avais été apparemment convoqué à Lattes, alors que j'avais une adresse à Montpellier. A Lattes, ils avaient perdu trace de la chose, et le maire,
Cyril Meunier, n'a pas voulu s'expliquer.

Donc, j'ai demandé à voir le juge, qui est sa femme, au maire de Lattes, et il me convoque à dix heures, et il y a vingt personnes devant moi. Le bureau est vide, on me dit qu'elle a été prendre un café. Or moi, je sais très bien pourquoi je suis là, mon très cher Leblase, c'est parce que sept ans auparavant, je revenais de Scandinavie. La mère de mes enfants était très remontée contre moi et elle m'avait fait convoquer chez le juge. Pas la femme du maire de Lattes, une autre, qui s'appelait Leca, comme dans le roman de Kafka. Et son avocat, à la mère de mes enfants, qui croyait que j'allais faire des manières, avait suggéré la faute, égoïste, immature, tout ce que les ordinateurs disent des mâles en général.
 

Mais je n'ai pas fait de difficulté, alors, l'avocat de la mère a proposé l'amiable seulement, j'ai pas pris d'avocat, de mon côté. Et alors, ils ont fait la procédure pour faute dans mon dos. Et après, ils m'ont envoyé la facture. Je n'ai pas voulu payer. Je leur ai dit de me dire où je m'étais opposé à la mère de mes enfants, en quoi, et ils ne pouvaient pas me répondre. Je leur disais, il doit y avoir un conflit sur la demande, et ce qu'a demandé la mère de mes enfants, et ce que j'ai demandé, au juge, ce n'est pas conflictuel. Donc, c'est quoi que vous avez jugé, je leur disais?

Vous comprenez Leblase, le juge n'a pas droit de juger en absence de conflit sur la demande, c'est la loi. Aujourd'hui, je tiens les huissiers en respect. C'est cinquante pour cent du chiffre d'affaire de la justice qui est menacé par mon argument juridique très simple (les affaires familiales). En réalité, ce qui m'intéresse, c'est de raconter comment les procès de correctionnelle (car comme je n'ai pas voulu payer et qu'on a voulu me faire taire, moi et mon argument, j'ai été en correctionnelle, et un certain petit monsieur de la haute a voulu me faire savoir qui c'est le chef, affaire dont, bien sûr, Parent Meunier savait tout) comment les procès de correctionnelle et les rapports avec la justice se passent, quand on pas la parole, puis quand on l'a. Et puis il y a une idée de gauche, parce que oui, j'ai les parents que j'ai. Que le traitement judiciaire des affaires familiales est un truc de droite. Et puis il y a la république, la beauté simple et laïque de la procédure civile utilisée par des juges dont le souci principal n'est pas de départager les conflits mais de gérer les populations et de contrôler les flux. Un machin de droite réactionnaire libérale.

Et puis plein d'autres choses. Alors je me suis buté. J'ai découvert que je pouvais moi aussi écrire un truc, un peu comme Kafka, un procès. Et que ça me protégeait, un peu. Et je le fais. C'est comme ça que je suis devenu écrivain qui écrit, quitte à entendre grincer vos aiguillages, cher Leblase, par volonté littéraire et philosophique purs, sur le terrain des idées, ou les idées de terrain. L'homme, la femme, le mariage, les juges. Une histoire comme une autre.

Et alors, là dessus, sept ans plus tard, j'arrive devant le bureau de la femme du maire de Lattes, qui m'a convoqué à dix heures, la mère de mes enfants n'a toujours rien à voir là dedans, la juge prend son café, son bureau est vide, qu'à cela ne tienne, je suis président, j'ai un argument de droit contre toute leur connivence et leur mise en scène, je m'installe. Alors, quand la femme du maire de Lattes arrive et qu'elle me voit effrontément assis dans son bureau au lieu d'attendre mon tour dans le couloir debout, comme dans Kafka, elle doit sûrement avoir mal à la machoire tellement elle à la bouche ouverte. Là, j'ai cru bon de venir, comme je lui dis. Et puis, des semaines plus tard, je lis le papier où elle décide que je ne verrai plus mes enfants, elle laisse entendre que je tape ma femme, que je harcèle les administrations, que ceci, que cela. Voilà. Gratuitement, autoritairement. Eh ben, c'est un crime.

La mère, rien à voir, elle n'était même pas là. Mais l'ordre paternaliste, oui. Ca se passait il y a deux ans. Entre temps j'ai rencontré
Serge Michel, du Bondy Blog, et ça a tout changé. Maintenant, si c'est pas moi, c'est pas forcément mon frère.

 

 

 
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Jean Philippe.